Abrogation du Code Noir

Par Thomas Portes, Président de l’ONED

« Culpabiliser la France éternelle » : En plein débat sur l’abrogation du Code Noir, document de 600 pages qui viser à codifier l’esclavage, le député du Rassemblement National Cyril Tribuiani n’a pu s’empêcher de citer le Maréchal Pétain. Un moment de sidération s’est alors emparé de l’Assemblée nationale. Une intervention qui faisait suite à celles de Julien Odoul, porte-parole du Rassemblement National, qui rendait hommage à Napoléon Bonaparte expliquant que celui-ci avait « aboli l’esclavage » ou d’une autre député hurlant « racisme anti blanc ».

Réécrire l’histoire est une habitude tenace de l’extrême droite. De Pétain à Bonaparte en passant par la colonisation de l’Algérie, le Rassemblement National, mais aussi une partie de la droite, multiplient les propos négationnistes. Nous n’oublions pas que l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau parle des « belles heures de la colonisation » ou encore que Sébastien Chenu parle « d’aspects positifs de la colonisation ».

Une fois de plus un débat parlementaire a mis en lumière une évidence : l’extrême droite n’est pas une idéologie comme les autres. Face au vertige de l’histoire que représente le Code noir, à savoir un texte qui a impacté plus de 15 millions de personnes, légitimé la torture, les meurtres, l’effacement des noms des personnes, l’extrême droite a une fois de plus souillé l’Assemblée nationale.

Comment ne pas être en colère quand nous voyons d’un côté l’émotion, et aussi les larmes, de nos collègues députés ultra-marins, pour qui le Code noir représente une blessure qui ne se refermera jamais, et ces députés du Rassemblement National qui ironisent sur la colonisation ?

Si nous avons abrogé collectivement ce texte, une étape nécessaire mais largement insuffisante, le débat a aussi permis de mesurer que les préjugés racistes et négrophobes demeurent dans notre pays.

Plus que jamais le combat contre l’extrême droite doit être une priorité. Nous mettons l’observatoire à disposition de toutes celles et ceux qui souhaitent s’engager dans cette bataille.