La charte
L’ONED se donne pour missions de :
● Mettre sous surveillance l’extrême droite afin de faire un travail précis et scientifique de recueil de données ;
● Dresser la cartographie de son implantation, identifier ses réseaux et ses modes de financements ;
● Évaluer son impact sur les politiques publiques lorsqu’elle est au pouvoir ou quand elle l’influence ;
● Proposer des boîtes à outils, des argumentaires et des formations pour déconstruire les idées d’extrême droite ;
● Ester en justice dans le cadre de procès impliquant l’extrême droite sous toutes ses formes ;
● Organiser la riposte sur les réseaux sociaux pour démonter les mensonges et les opérations de désinformation ;
● Proposer, en particulier en période électorale, une grille de lecture des politiques locales, une analyse des programmes et des candidat·es, afin de démontrer auprès des électeurs et électrices les incohérences et les mensonges de l’extrême-droite
● Jouer un rôle de centralisation au service de tous les travaux réalisés, de toutes les campagnes menées et des organisations existantes.
Cliquez ici pour lire toute la charte
Nous assistons ces dernières années à une offensive réactionnaire et raciste particulièrement inquiétante en Europe et dans le monde, avec l’arrivée de gouvernements d’extrême droite en Italie, en Hongrie, en Israël, Argentine, en Inde, aux États-Unis ; ou de majorités soutenues par l’extrême droite comme en Lettonie ou en Suède. En Espagne, en Allemagne ou au Portugal, l’extrême droite fait son retour de manière fracassante dans le paysage politique, après des années de bannissement. La France n’échappe pas à la règle. De l’Assemblée nationale aux plateaux télés, en passant par la création de groupuscules identitaires ou par l’infiltration de certains syndicats – y compris de syndicats étudiants, l’extrême droite tisse sa toile dans la société française.
Au second tour de l’élection présidentielle de 2022, le Rassemblement National a recueilli 41,4% des suffrages, soit plus de 13 millions de voix. Les élections législatives de 2022 ont permis l’entrée à l’Assemblée de 89 député·es du RN contre 8 auparavant. Les dernières élections législatives ont confirmé cette dynamique, faisant du parti de Marine Le Pen et de ses allié·es de l’UDR le premier groupe parlementaire avec 143 député·es, soit une hausse de plus de 60%.
Cela doit nous interroger collectivement, que l’on y voie un vote d’adhésion à l’ensemble du programme ou un vote protestataire, « anti-système », pour lequel les idées d’extrême droite ne constituent plus un repoussoir suffisant.
Pas une semaine ne passe sans que l’extrême droite n’impose ses thèmes et ses idées à l’agenda politique et médiatique du pays. La multiplication des actions violentes – récemment : l’attaque d’un commando nazi en plein Paris ; l’assassinat à Capelle-la-Grande de Djamel Bendjaballahpar un militant du groupuscule identitaire « Brigade Patriote Française » ; la multiplication des tags de croix gammés ou celtiques dans les rues du pays ; la campagne de saluts nazis du syndicat étudiant UNI – témoignent d’une violence raciste de plus en plus décomplexée, assumée, diffusée.
Nous le savons, l’extrême droite se nourrit de la crise démocratique que nous traversons, comme elle a déjà su le faire par le passé. Une crise démocratique et politique accélérée par une macronie en décomposition, sans colonne vertébrale politique, qui adopte des pans entiers du programme liberticide de l’extrême droite, sans compter les gages qu’elle ne cesse de lui offrir
Les récentes révélations sur le projet Périclès du milliardaire Pierre-Édouard Stérin, qui vise à amener l’extrême droite au pouvoir en investissant massivement dans les médias et en soutenant ses organisations politiques, doivent nous alerter sur la nécessité de mettre en place une organisation à même de déjouer cette feuille de route.
Face à cette situation extrêmement préoccupante, nous avons fait le choix de développer un outil permettant de mener une bataille idéologique d’ampleur, afin de sortir des combats de slogans et d’aller vers une déconstruction idéologique et argumentée du discours fasciste.
Combattre l’extrême droite ne se résume pas à mener le combat sur le thème central de l’anti-racisme ; il est également nécessaire de lutter sur tous les terrains qu’utilise cette idéologie pour propager son discours (égalité femmes-hommes, services publics, désindustrialisation, travail, santé, culture, sécurité, questions sociales telles que la loi retraites ou les conséquences du confinement …).
Combattre l’extrême-droite c’est lutter contre l’instrumentalisation de la laïcité comme outil politique qui valide la thèse de la “guerre de civilisation”/
Combattre l’extrême-droite c’est mettre fin à la criminalisation permanente des discours d’opposition (interdiction de conférences, de manifestations)/
Combattre l’extrême droite, c’est se plonger dans une nébuleuse de groupuscules plus ou moins identifiés, qui promeuvent la haine et se livrent à des actions violentes, identifier les “paniques morales” qu’elle orchestre et fait infuser dans la société. C’est aussi refuser que la dénonciation morale de l’extrême droite ne serve qu’à faire le lit de l’alternative délétère entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron.
Le pire serait de banaliser, de faire comme si ce qui se passait était normal.
Dans un paysage politique en pleine décomposition, où les repères ne cessent d’être brouillés, le danger de l’extrême droite ne doit être ni minoré, ni surestimé.
Syndicalistes, militant·es politiques ou associatif·ives, chercheurs et chercheuses, scientifiques, journalistes, élu·es, citoyen·nes, nous avons ainsi décidé de créer l’Observatoire National de l’Extrême Droite (ONED).
Un outil d’observation, de décryptage, de formation et de déconstruction de ce courant de pensée. Un outil qui s’inscrit dans un souci de fédérer les initiatives présentes partout en France ; et dans le prolongement de nombreux travaux préexistants, individuels ou collectifs.
Il se donne également pour but la création d’observatoires régionaux ou départementaux de l’extrême droite, un maillage nécessaire au suivi des actions et discours des militant·es et élu·es d’extrême droite sur l’ensemble du territoire national.
L’objectif de cet observatoire est de mettre sous surveillance l’extrême droite, d’accumuler des données sur ses composantes et leurs stratégies, d’analyser leurs discours et de le confronter à leurs pratiques locales et nationales, de pointer leurs incohérences, leurs contradictions et leurs mensonges.
Notre démarche se veut innovante, pluraliste, ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent s’engager dans cette démarche.
L’ONED se donne pour missions de :
● Mettre sous surveillance l’extrême droite afin de faire un travail précis et scientifique de recueil de données ;
● Dresser la cartographie de son implantation, identifier ses réseaux et ses modes de financements ;
● Évaluer son impact sur les politiques publiques lorsqu’elle est au pouvoir ou quand elle l’influence ;
● Proposer des boîtes à outils, des argumentaires et des formations pour déconstruire les idées d’extrême droite ;
● Ester en justice dans le cadre de procès impliquant l’extrême droite sous toutes ses formes ;
● Organiser la riposte sur les réseaux sociaux pour démonter les mensonges et les opérations de désinformation ;
● Proposer, en particulier en période électorale, une grille de lecture des politiques locales, une analyse des programmes et des candidat·es, afin de démontrer auprès des électeurs et électrices les incohérences et les mensonges de l’extrême-droite
● Jouer un rôle de centralisation au service de tous les travaux réalisés, de toutes les campagnes menées et des organisations existantes.
Le conseil d’administration

Biographie
Thomas Portes est député de la 3ème circonscription de Seine Saint Denis. Cheminot en disponibilité, militant syndical, il est assigné en justice par Génération Identitaire en 2018 pour les avoir qualifiés de « néo-nazis ». Un procès qu’il gagnera en 2021. Très engagé dans la lutte contre l’extrême-droite, il a publié en 2021 un livre intitulé « au cœur de la haine » qui est le fruit d’un tour de France de différents territoires afin de mettre en évidence comment l’extrême droite construit son rayonnement et accroît son influence. En tant que parlementaire il est à l’initiative de plusieurs propositions de résolution demandant la mise en place d’une commission d’enquête sur les groupuscules d’extrême-droite et il mène un travail permanent pour démasquer l’extrême-droite parlementaire.

Biographie
Laurence De Cock est historienne, enseignante agrégée en lycée et à l’université, et Docteure en sciences de l’éducation. Elle travaille sur l’histoire de l’école et sur les instrumentalisations politiques de l’histoire. Impliquée dans l’éducation populaire et militante pédagogique, elle a publié de nombreux ouvrages dont certains à destination d’un public très large, jusqu’aux enfants. Elle appartient au collectif Aggiornamento. Derniers ouvrages parus : Une journée fasciste, Elise et Célestin Freinet, pédagogues et militants, Agone, 2022 et Histoire de France populaire, Agone, 2024.

Biographie

Biographie
Militant de l’éducation populaire, syndicaliste, insoumis, Léo Walter a été animateur, directeur de centres de vacances et de loisirs, formateur, Conseiller Principal d’Éducation puis
instituteur et directeur d’école.
Membre du bureau de la FSU-SNUipp 04, responsable départemental de La France Insoumise, conseiller municipal de son village de Niozelles, il a été député des Alpes-de-Haute-Provence de 2022 à 2024.

Biographie
Ancienne élue municipale de Montreuil (93), militante engagée pour l’émancipation par la culture et contre l’extrême droite sous toutes ses formes. Après une carrière dans le champ culturel, Juliette Prados est désormais en charge des relations avec la presse du groupe parlementaire insoumis à l’Assemblée nationale. Elle est également auteure de nouvelles et romans.

Biographie

Biographie
Nadège Aïcha Néchadi est une militante féministe et antiraciste. En 2019, elle fonde Les Femmes Ont de la Voix !, un collectif féministe d’éducation populaire politique dans lequel elle anime une émission de radio mensuelle, organise un festival annuel et propose des formations. Depuis 2021, elle porte sur scène sa conférence gesticulée J’aurais dû m’appeler Aïcha [ou l’identité française en question], dans laquelle elle questionne, à partir de son vécu, les mécanismes d’assimilation, l’héritage colonial et l’effacement de cette histoire dans le récit national.

Biographie

Biographie

Biographie
Pierre-Antoine Cazau est co-secrétaire général de la LDH (Ligue des droits de l’Homme). Il a participé à la création des observatoires girondins et parisiens de libertés publiques, et a contribué à rédiger plusieurs de leurs rapports. Il a été co-responsable du groupe de travail LGBTI de la LDH et président de la section de Bordeaux.
Docteur en droit, il est actuellement avocat au barreau de Bordeaux et exerce en droit pénal et droit des étrangers.

Biographie
Sophie Djigo est Philosophe, elle enseigne en Lettres Supérieures et est chercheuse associée au laboratoire STL (Lille), également fellow de l’Institut Convergences Migrations (Paris). Elle pratique une philosophie de terrain et a essentiellement travaillé les migrations, ainsi que sur les solidarités, en particulier en quartiers populaires. En 2018, suite à plusieurs enquêtes menées dans les campements de personnes en exil bloquées à la frontière à Calais (Les migrants de Calais, Aux frontières de la démocratie), elle co-fonde le collectif citoyen Migraction59 dédié à l’accueil de répit des personnes confrontées aux violences du régime des frontières. Son travail critique fragilise les thèses de l’extrême-droite sur l’immigration. Elle est membre de la Coordination Antifasciste pour l’Affirmation des Libertés Académiques et Pédagogiques (CAALAP), une association qui défend la liberté de penser et l’exigence du savoir face à la censure et à la propagande de l’extrême-droite. Ses derniers livres portent sur la solidarité en quartiers populaires (Sécession) et sur la politique aux frontières (Penser avec la frontière).

Biographie
Elsa Faucillon est née le 6 août 1981 à Amiens. En 2006, alors étudiante à Paris 1, elle mène la bataille contre le Contrat Première Embauche, s’ensuit son adhésion au PCF.
Militante pendant plusieurs années dans le département des Hauts-de-Seine, elle y assume plusieurs responsabilités avant de devenir secrétaire départementale en 2013.
Habitante de Gennevilliers, elle devient Conseillère municipale dans l’équipe de Patrice Leclerc en 2014 puis Conseillère départementale en 2015.
En 2017, Elsa Faucillon est désignée par le PCF comme candidate aux élections législatives, elle remporte le siège de députée, elle est ensuite réélue en 2022 sous la bannière de la NUPES puis du NFP en 2024.

Biographie
Emmanuelle Hermouet est professeur des écoles, passionnée par la transmission du savoir et les échanges interculturels. Née d’une mère juive tunisienne et d’un père français, elle puise dans ses origines une sensibilité particulière à la diversité culturelle. Après des études en lettres modernes, elle s’est spécialisée en Français Langue Étrangère et en interculturalité. Elle est également titulaire d’un DESS en formation de formateurs. Son parcours est guidé par une conviction humaniste forte, nourrie notamment par la figure inspirante de Marek Edelman. Elle voit l’enseignement comme un vecteur d’émancipation, de mémoire et de dialogue entre les cultures.

Biographie
Étudiante en anthropologie sociale à Marseille , Sabrine Kharbach s’intéresse particulièrement à l’extrême droite et aux mécanismes d’adhésion à ses idées. Responsable nationale de l’Union étudiante où elle a en charge les luttes decoloniales et antiracistes, elle y assure également la veille sur l’extrême droite dans les universités. Du fait de son engagement, elle est la cible régulière de l’extrême droite sur les réseaux sociaux et d’une de leur émanation, l’ “observatoire des violences politiques”.

Biographie

Biographie
Albert Lévy est ancien magistrat et avocat, figure engagée de la gauche judiciaire. Juif antisioniste, il incarne une voix courageuse contre toutes les formes d’oppression, qu’elles viennent de l’extrême droite ou des appareils de pouvoir. Premier secrétaire de la Conférence du stage au barreau de Marseille, il s’est illustré très tôt par sa combativité et son attachement à la justice sociale. À Toulon, il a mené une lutte déterminée contre l’extrême droite et les réseaux de corruption, au prix de nombreuses pressions. Membre du Syndicat de la Magistrature et de la Ligue des droits de l’Homme, proche de Maître Henri Leclerc, il n’a jamais cessé de défendre une justice indépendante, populaire, et fidèle aux
aux valeurs universalistes.

Biographie

Biographie
Porte-parole d’Attac France. Co-fondatrice des Rosies. Autrice du Manifeste des Rosies.
Activiste féministe pour la justice fiscale, sociale et écologiste.

