Résister aux assauts de l’extrême droite sur les universités

Le 30 janvier 2026, une vidéo du délégué national du syndicat UNI, effectuant ce qui ressemble à un salut nazi, est rendue publique. Aucun émoi de la part du gouvernement, qui ne prend même pas la peine de condamner.

Cet événement n’est pas un fait divers.
À Besançon, la Cocarde repeint une statue de Victor Hugo avec l’inscription « White Power ». À Grenoble, en février 2026, un membre de l’UNI a été filmé, bousculant et menaçant un étudiant lors des élections étudiantes aux Conseils d’Administration des CROUS. En mars 2024, le président de l’UNEF Toulouse a été la cible d’un harcèlement en ligne massif qu’il estime orchestré par des militants de l’UNI et de la Cocarde, avec des insultes antisémites comme « sale youpin ». À Paris-Panthéon-Assas, une agression a causé neuf jours d’ITT à un étudiant décrochant des affiches de la Cocarde. Des croix gammées et des slogans racistes fleurissent sur des dizaines de campus à travers le pays. L’extrême droite s’implante dans nos universités, par la violence, par l’intimidation, et par les institutions.

Ce que nous observons dans les facs s’inscrit dans une stratégie d’entrisme méthodique dans toutes les sphères où se fabrique la culture : l’université, mais aussi les médias, où les acquisitions de Bolloré ont durablement reconfiguré le paysage. À ses côtés, le milliardaire Pierre-Édouard Stérin finance influenceurs, médias et formations politiques d’extrême droite dans le cadre d’un plan assumé pour porter l’extrême droite au pouvoir. L’objectif est d’imposer une hégémonie idéologique en occupant tous les espaces et les cercles de pouvoir.

L’État, lui, a choisi le silence.
Probablement inspiré par Donald Trump aux Etat-Unis, il préfère censurer des colloques et envoyer la police évacuer des étudiants mobilisés contre le génocide du peuple Palestinien, plutôt que de s’attaquer à ceux qui font des saluts nazis dans les amphis.

Ne nous résignons pas.
L’université a toujours été un terrain de résistance et de refus de l’obscurantisme. Chaque graffiti raciste, chaque intimidation, chaque geste nazi sur un campus doit être documenté et signalé. C’est précisément pour cela qu’existe l’ONED : utilisez-le. Mais la vigilance ne suffit pas, l’impunité qui s’est installée dans nos facs est le produit d’un choix politique du gouvernement qui regarde ailleurs. Pour en finir, il faudra s’en donner les moyens et porter au pouvoir la France Insoumise, seul mouvement politique imperméable aux idées d’extrême droite.