Dans le Grand Est, les néonazis implantés en toute impunité

Combres-sous-les-Côtes. Un petit village de 108 habitants paisiblement installé au cœur de la Moselle. Loin des regards, c’est sur cette commune que les Hammerskins du Grand Est, une des organisations néonazies les plus violente du monde créé en 1988 aux États-Unis, ont élu domicile depuis plusieurs années. Une commune mitoyenne à celle de Les Eparges, ville qui a vu tomber 12.O00 soldats dans une bataille contre les allemands en 1915.

Depuis 2003, les Hammerskins français et allemands organisent régulièrement des événements

internationaux dans tout le Grand Est pour promouvoir leur idéologie et récolter des fonds :

anniversaire d’Adolf Hitler, White X-Mas (“Noël blanc”), concerts suprémacistes, combats …  En juin 2024 s’y déroulait un tournoi de MMA, sport utilisé comme outil de réunion et de propagande par des mouvances néonazies. À l’origine de cet évènement : Tomasz Szkatulski, ancien des Jeunesses Nationalistes révolutionnaires – groupe de Serge Ayoub, dissous en 2013 après le meurtre de Clément Méric, ancien des hooligans de la Losc Army. Ce personnage pilote une boutique en ligne de “goodies” néonazis : Tee-shirts « White Division » ornés des insignes d’unités SS, « Antifa fils de pute » ou encore “nationalsocialist Hardcore”. Il est couvert de tatouages à l’effigie du IIIe Reich et a été condamné à deux reprises pour des agressions sur des sans-abri, et mis en cause dans une série de cinq meurtres en 2010.

C’est à la suite à la fermeture de leur première Taverne à Toul en 2013 après une décision prise par la préfecture de Meurthe-et-Moselle, que les Hammerskins se sont installés à Combres-sous-les-Côtes. Comment peut-on laisser s’installer tranquillement un groupuscule néonazi, interdit en Allemagne, connue pour sa propagande nazie, ses meurtres et ses actions violentes ? C’est avec l’objectif d’exiger la fermeture de ce local que je me suis déplacé Samedi à Bar-Le-Duc, ville Préfecture du département, pour participer au rassemblement organisé par plusieurs organisations syndicales, associatives et politiques.  

Partout dans le pays nous constatons une multiplication d’ouvertures de locaux présentés comme « lieux festifs » mais en réalité dédiés aux activités  de groupes d’extrême droite violents. Face à ce phénomène, le silence généralisé des politiques est inquiétant. En Moselle, de nombreux habitants ne laissent plus sortir leurs enfants seuls à proximité du local, craignant de les voir être confrontés à des actions dangereuses. Les Hammerskins du Grand Est n’ont pas hésité non plus à mener une opération d’intimidation contre Laure Hébrard, initiatrice d’une pétition sur Change.org demandant la fermeture de ce repaire et ayant recueilli plus de 30.000 signatures. Une femme est venue en personne déposer dans sa boîte aux lettres un exemplaire de Rivarol dont plusieurs pages étaient consacrées à cette taverne et évoquaient des  « nationalistes lorrains persécutés » ! Continuer à se taire, c’est être complice.

Samedi dernier, je me suis rendu à Combres-sous-les-Côtes  pour dénoncer cette situation, mais aussi pour apporter un message de solidarité avec celles et ceux qui luttent et militent courageusement depuis des années pour la fermeture de ce local.

Ne lâchez rien. Il faut sans délai fermer la Taverne de Thor.

Thomas Portes, président de l’ONED