France info : le nouveau Cnews du service public

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Une contribution de Sophie Trégan, également parue dans le club Médiapart

D’une promotion du projet de nettoyage ethnique nommé “Gaza-plage”, en passant par des invités étalant leurs théories complotistes d’extrême-droite sans contradicteur jusqu’à une éditorialiste proférant quatre fausses informations consécutivement et une directrice des rédactions nationales tenant des propos ouvertement islamophobes : France info a bel et bien terminé sa mue en Cnews.

   Lorsque le dimanche 26 janvier, après que France info ait titré « 200 otages Palestiniens retrouvent la liberté », c’est le branle-bas de combat chez tous les défenseurs d’Israël. En tête de file, Caroline Yadan, députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France, qui s’offusque sur la plateforme d’extrême droite X. La députée a estimé qu’appeler des Palestiniens « otages » était « une injure à ce qui fait notre humanité », était « abject » et « inacceptable ». Or, ce qui est abject et inacceptable, ce sont les crimes d’Israël recensés par les organisations de défense des droits humains et les organes des Nations Unies. Face à l’offensive de tous les pro-Israël à vouloir effacer des crimes contre l’humanité, on va remettre du sens dans les mots : « Plus de 500 enfants palestiniens sont envoyés, chaque année, en prison par les autorités israéliennes. Dès l’âge de 12 ans, ils peuvent se retrouver devant une cour militaire. Illégales, ces conditions d’incarcération se sont encore durcies depuis le 7 octobre ». « Israël et territoires palestiniens occupés. Des détenu·e·s palestiniens sont soumis à des actes de torture et des traitements dégradants, sur fond de multiplication des arrestations arbitraires ». (Amnesty International, Quand Israël emprisonne les enfants palestiniens, ou l’autre visage de la répression, 15/02/2024). Comment ces civils arrêtés arbitrairement, détenus illégalement et torturés peuvent-ils être qualifiés de « prisonniers » ? Ceux qu’on s’évertue à appeler « prisonniers palestiniens » servent de monnaie d’échange pour faire libérer des otages israéliens, et c’est précisément cela la définition d’un otage : « Personne qu’une armée, un gouvernement livre à la partie adverse ou détient, en garantie de l’exécution d’un traité, d’une promesse». 

   L’employé ayant eu le courage d’appeler les Palestiniens “otages”, a été suspendu. C’est non seulement ce que nous apprenions dans un tweet de France Info mais aussi dans un tweet de Muriel Attal, directrice de la Communication chez France Télévisions : « On a immédiatement réagi Caroline. La direction de l’info et ftv ont été des lucky luke » smiley content, cœur. En deux tweets, l’un d’une députée et l’autre d’une cadre de France Télévision lui répondant, nous avons la confirmation qu’il est interdit de dire « OTAGES PALESTINIENS ». Que l’ordre est donné directement par le gouvernement aux chaines d’informations de déshumaniser et criminaliser les Palestiniens. Cette ingérence politique visant à faire accepter des crimes contre l’humanité est insupportable. C’est, de plus, une énième attaque à la liberté de la presse menaçant tous les journalistes qui iraient à contresens de la propagande imposée par les gouvernements français et israélien. Au même moment de l’autre côté de l’Atlantique, Trump parle de “ménage” en déplaçant les Palestiniens en Jordanie et en Égypte, et là encore il faut remettre du sens dans les mots : il s’agit d’une épuration ethnique. Le nettoyage ou épuration ethnique est une tentative de création de zones géographiques à homogénéité ethnique par la violence, la déportation ou le déplacement forcé. L’expression désigne une politique visant à faire disparaître d’un territoire un groupe ethnique. Encore une fois, la presse mainstream française reprend les mots de Trump, et à aucun moment ne qualifiera le projet trumpiste de « nettoyage ethnique ». Et ceci nous amène à une séquence lunaire sur les opportunités touristiques à “Gaza Riviera” au mois de février, toujours sur France info.  

   Le présentateur, Julien Benedetto interviewe un représentant des métiers du tourisme sur la possibilité de déporter 2 millions de Gazaouis pour transformer Gaza en nouvelle Côte d’Azur. Frank Delvau, le professionnel [“pro-epuration-ethnique”] du Tourisme, répond à la question avec le même enthousiasme que celui de Joseph Mengele quand il se remémorait les crématoires fumants. Il frétille et est même satisfait que Trump prenne l’exemple de la Riviera française. C’est aussi ça les patriotes si fiers de ces nations construites sur le pillage des richesses, l’esclavage et les crimes coloniaux. Pour comprendre à quel point le traitement de l’information “Gaza-plage” sur France Info ou ailleurs n’est ni une erreur ni une maladresse mais une réelle volonté de repousser la fenêtre d’Overton (les limites du dicible) afin de faire accepter à l’opinion public une épuration ethnique et donc un crime contre l’humanité. Explications : ce sujet a été décidé et validé en conférence de rédaction. Toutes les parties prennante ont travaillé dessus : le rédacteur en chef, chef d’édition, chargé de production, les journalistes, le ou la réal,  le présentateur et dans le cas de France info : l’invité Frank Delvau. Autant de personnes qui a un moment n’ont pas pris la mesure du scandale ? Peu probable. Il est évident qu’il y a un parti pris de certaines “chaînes d’info” pour la politique génocidaire du gouvernement israélien qui tend à déshumaniser les Palestiniens.

         Suite à cet ‘incident’ « Tourisme à Gaza Côte d’Azur » , la direction de France info change. « Le directeur de la chaîne, Laurent Delpech, s’était mis en retrait mi-février, à la demande de la rédaction. Muriel Pleynet a pris la direction de franceinfo et Nathalie Saint-Cricq lui a succédé comme directrice de la rédaction nationale de France Télé » (Source : Libération). Nathalie Saint-Cricq pour une objectivité de l’information ? Quel choix audacieux ! Le 17 mars 2024, Nathalie Saint-Cricq, au cours de l’émission « Questions politiques » était allée jusqu’à calomnier les étudiants de Science po mobilisés pour la Palestine. Poussant des cris d’orfraies en cœur avec la meute médiatique pourvoyeuse de fake news, Saint Criq a accusé les étudiants d’antisémitisme et de violences sur une élève de confession juive. Même une fois la fake news débunkée, Saint Cricq ne fera ni commentaire, ni mea culpa. Dans un article de l’Humanité nous apprenions qu’aucun employé de France info n’avait été prévenu de cette nomination, attisant la colère des syndicats. Sous couvert d’anonymat un journaliste de France Télévision témoignera auprès du journal l’Humanité : “Nathalie Saint-Cricq représente l’ostracisation, le contraire du pluralisme, et le management toxique très présent …”. Lorsque Aurore Bergé, qui était présidente du groupe Macroniste à l’Assemblée Nationale, avait été nommée en 2022 au conseil d’administration de France Télévisions, les syndicats avaient dénoncé « une volonté de reprise en main politique ». Saint Cricq a toujours été une envoyée spéciale pour le sauvetage du Macronisme. Lors des mobilisations historiques contre la réforme des retraites, elle avait déclaré que la révolte repose, entre autres, sur le fait « [qu’]il y a le style Macron, qui est un style… bon… il réussit, il est jeune, il est diplômé, il est riche, il n’a pas… voilà, ça c’est quelque chose qui naturellement peut énerver les gens ». Elle ne parlera jamais de la destruction méthodique des conquis sociaux. Non ! Son argument ô combien objectif est une supposée « jalousie » de la population à l’égard de « la réussite d’un président aussi jeune que brillant. » Adieu l’objectivité !

   Au mois de mai 2025, France info sort un article sur Gaza. Dès le titre de l’article, France info nous fait une belle démonstration de la Novlangue journalistique : “Nourriture, médicaments, carburant… Quelles sont les conséquences après deux mois de blocus total d’Israël dans la bande de Gaza ?”. À noter qu’à la date où j’écris ces lignes (28 octobre), France Info a modifié le titre de son article : “Risque de famine”, “quasiment plus d’antidouleurs”… Quelles sont les conséquences après deux mois de blocus total d’Israël dans la bande de Gaza ?”

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Dès les premiers mots, c’est à se demander si les journalistes ne feraient pas un concours pour ne jamais dire les mots : génocide, colonisation, nettoyage ethnique et crimes contre l’humanité. Et ils sont assez idiots pour poser la question : quelles sont les conséquences ? Au hasard je dirai : la famine, la maladie et in fine, l’extermination d’un peuple. Premier paragraphe, le sommet de l’ignominie. Quoi de mieux, dès le début de l’article, que de restituer les éléments de langage de la propagande du gouvernement génocidaire ? : “Nous intensifions notre attaque contre le Hamas à Gaza. Nous sommes en voie de le vaincre.” David Mencer, porte-parole au sein du gouvernement israélien, a défendu avec ces mots la nouvelle étape de l’offensive de l’Etat hébreu contre le mouvement islamiste palestinien, lundi 5 mai. Ce plan de “conquête” comprendra le fait “d’étendre [l’offensive] et le contrôle des territoires, mais pas d’occuper”, “un déplacement de la population gazaouie vers le Sud pour sa propre protection”, ainsi que “des frappes puissantes contre le Hamas”. Et l’on retrouve la recette habituelle : “contrôle du territoire” pour ne pas dire colonisation, “déplacement de la population” pour ne pas dire : déportation et nettoyage ethnique, “frappes puissantes contre le Hamas” pour ne pas dire ” extermination de civils”. Si le titre pose la question des conséquences de la situation humanitaire catastrophique, pourquoi ne pas commencer l’article par un bilan humain, pourquoi vouloir restituer les explications et justifications mensongères d’un gouvernement et d’une armée génocidaires ? Début du second paragraphe : “En parallèle, le gouvernement israélien entend mettre en place un nouveau modèle de distribution d’aide dans la bande de Gaza, d’après l’ONU. Il s’agira d’”acheminer l’aide humanitaire par l’intermédiaire de centres contrôlés par l’armée”, et non par des acteurs humanitaires tels que des ONG ou des agences onusiennes.” Pour rappel l’aide humanitaire était bloquée depuis le 2 mars, c’est une famine organisée, une pénurie de médicaments voulue, comment peut-on croire que le gouvernement israélien mettra en place une distribution d’aide à Gaza ? Si la fin du paragraphe se termine bien par un point de vue critique de la part de l’ONU sur cette “distribution d’aide”, il aurait été plus honnête commencer le paragraphe en prenant une distance critique sur les déclarations du gouvernement génocidaire et de mettre en perspective les multiples pillages et destructions de l’aide humanitaire déjà opérés par les colons israéliens. 

   Pendant douze paragraphes France info nous restitue “fidèlement” la situation critique à Gaza, parsemée de témoignages d’humanitaires sur la malnutrition et les pénuries de médicaments organisées par Israël conduisant 2,1 millions de personnes à la famine, la maladie ou la mort. Mais la performance dans ces paragraphes est de ne jamais dire les mots : “génocide, intention génocidaire, colonisation, nettoyage ethnique ou crimes contre l’humanité”. Ce n’est pas moi qui emploie ces mots au hasard pour qualifier la situation à Gaza, c’est le Droit International. Puis au 14ième paragraphe, l’avant dernier, face aux preuves de l’horreur et l’inhumanité du gouvernement israélien, il aurait été dommage de ne pas restituer un de leur énième mensonge afin de semer le doute dans les esprits : “Malgré ces effets déjà tangibles, Israël n’infléchit pas sa position, convaincu qu’une partie de l’aide humanitaire profite au Hamas. “Le blocage de cette aide est l’un des principaux leviers de pression” face au mouvement islamiste, a récemment déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz. Lors de son point-presse, lundi, David Mencer a répété que le Hamas avait “détourné de l’aide”. A Gaza, l’Ocha n’a pourtant aucune preuve d’un “détournement à grande échelle”. AUCUNE PREUVE… mais les médias continuent d’égrainer la propagande israélienne. Ultime paragraphe : “7 octobre” et “les otages Israéliens” sont mentionnés avant les 2,1 millions de personnes en proie à la famine, avant les dizaines de milliers de civils Palestiniens déjà massacrés. Mais de tous les articles de cette presse mainstream, je n’ai quasiment jamais lu que ce blocage de l’aide humanitaire, cette famine organisée et les bombardements étaient aussi une condamnation à mort pour les otages Israéliens. Il serait peut-être temps de restituer les paroles de Netanyahou nous prouvant son désintérêt total pour les otages, son projet de génocide et de nettoyage ethnique, achevant ainsi le projet colonial d’Israël depuis 1948 : « Gaza sera totalement détruite ».

   Le 9 juin, une journaliste de France info vient couvrir la manifestation de soutien à la Palestine et aux membres d’équipage de la Freedom Flotilla, un homme se place derrière elle et crie “facho”. Elle lui assène un coup. Elle récolte ce qu’elle et sa chaîne de propagandistes ont semé. Bien sûr, tous les médias pro-Israël titrent ” une journaliste agressée” se gardant bien de dire qu’elle a donné le premier coup. Le 10 juin, tous les médias français mainstream ont repris la propagande israélienne. Les Français de la #FreedomFlotilla, dont Rima Hassan, n’ont pas refusé d’être rapatriés en France. “Ils ont refusé de signer un document dans lequel ils devaient reconnaître être entrés illégalement sur le territoire israélien, condition fixée par Israël pour leur libération. Un document est inacceptable :

  • L’arrestation par Israël de la flottille a eu lieu dans les eaux internationales. Gaza a le droit de recevoir de l’aide humanitaire.
  • La flottille n’est pas entrée sur le territoire israélien et n’en a pas eu l’intention : la bande de Gaza n’en fait pas partie.

  Sur France info, il y a celui que nous pourrions appeler “la boussole”, celui qui n’indique pas le nord mais le virage de la chaîne à l’extrême-droite : Patrice Romedenne. Le 28 juin 2025, il a affirmé que l’enquête d’Haaretz établissant que l’armée israélienne avait tiré sur les Gazaouis lors de distributions alimentaires reposait sur des accusations du Hamas alors qu’il s’agissait de témoignages de soldats israéliens. Sur son compte X, il relaie les sites racistes Frontières, Fdesouche ou Boulevard Voltaire. Ce présentateur affirme que Cyril Dion est un « fou furieux », que Ian Brossat est un « clodo », que le « wokisme assassine notre culture » et il pose la question « Qui a donné la nationalité française à Rima Hassan ?». Lors d’une interview il a interrompu Jean-François Corty, président de Médecins du Monde lorsque ce dernier évoquait le « génocide en cours » à Gaza en lui assenant « Je vous laisse la responsabilité du terme génocide ».

Octobre 2025 : une floppée d’invités d’extrême droite, le complotisme à l’honneur

Le 3 octobre, France info recevait sur son plateau Nora Bussigny, “journaliste” au Point et à Franc Tireur, venue faire la promotion de son livre “les nouveaux antisémites”. Les deux médias auxquels elle contribue sont connus pour leur islamophobie, leur négationnisme du génocide et leur propagande en faveur d’Israël. Mais pas seulement, Franc Tireur s’illustrera aussi dans l’antisémitisme en allant jusqu’à titrer un article “Juifs mais pas trop” pour critiquer une association juive qui s’opposent à la politique colonialiste et génocidaire de Netanyahou.

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Toute la théorie exposée dans les livres de Bussigny repose sur son “infiltration” au sein de l’extrême-gauche, elle tend à démontrer que cette dernière est liée à des réseaux islamistes et que les pro-Palestiniens dénonçant le génocide sont en réalité des antisémites. Pour nous “infiltrer”, elle s’était déguisée, affublée d’une perruque rose… fin de la blague. Dans ses livres, Bussigny ne définit aucune méthodologie d’enquête. Elle omet aussi de dire que la gauche radicale a déjà théorisé l’antisémitisme structurel présent en France mais cela ne va dans le sens de son recit donc elle passe sous silence, entre autres, le recueil “contre l’antisémitisme et ses instrumentalisations” co-ecrit par neuf personnes : auteur.e.s, maitre de conférences,  philosophe, juifs décoloniaux. Lorsqu’elle est invitée sur le plateau de France info, il n’y a aucune parole contradictoire, aucune question travaillée, Nora est en terrain conquis, là pour régurgiter son idéologie, ses mensonges. Elle peut ainsi déclarer : ” L’intersectionnalité peut présenter certaines dérives et une hiérarchie des luttes”. Alors que l’intersectionnalité en sociologie est exactement l’inverse de cela. Sur le site d’Oxfam, nous pouvons en un clic lire la définition sociologique de ce terme : “L’intersectionnalité désigne la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de domination ou de discrimination qui s’entrecroisent, se recoupent et s’intensifient mutuellement.” C’est la prise en considération de toutes les formes de discrimination sans hiérarchie entre ses dernières. 

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   Le 19 octobre, France info invite Michel Onfray pour parler de la théorie complotiste d’extrême-droite du “grand remplacement” sans aucune contradiction face à lui. Si je maintiens que cette théorie est un énorme mensonge c’est parce que je me fie aux chiffres : pour qu’existe le “grand remplacement”, il faudrait au moins qu’en longue période, la dynamique du solde migratoire (c’est-à-dire la différence entre les arrivées de personnes étrangères en France et les départs) l’emporte sur celle du solde naturel (c’est-à-dire la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès sur le territoire français). Ce n’est pas ce que l’on observe : “Sur la décennie écoulée (2010–2019), la population française a augmenté en moyenne de 3,7 personnes pour 1000 habitants, dont 3,3 en raison du solde naturel et seulement 0,4 en raison du solde migratoire. » Le 25 octobre France info recevait en interview et titrait dans son bandeau “Gilbert Collard : mémoire d’un avocat sans filtre”. “Sans filtre” pour ne pas dire islamophobe,  homophobe et pourvoyeur de fake news sur les militants anti-RN en leur inventant des slogans antisémites

Novembre 2025 : France info, un flot de désinformations en continu sur Zohran Mamdani et L’UNRWA

   Alix Bouilhaguet, éditorialiste politique à France info avait décidé le dimanche 9 novembre de lâcher toutes les fakes news possibles sur Zohran Mamdani, nouveau maire de New-York et sur l’UNRWA, l’office de secours et de travaux des Nations Unis pour les réfugiés de Palestine dans le Proche Orient. Alix Bouilhaguet, sans cligner des yeux, affirmait à propos de Zohran Mamdani : « Il est ouvertement pro-Palestinien […] il a repris le slogan “mondialiser l’intifada”, en clair “faire la guerre aux juifs partout dans le monde. […] Quand on lui demande de condamner le 7 octobre, souvent il botte en touche et il répéte que le problème c’est l’occupation pratiquée par Israël, est ce que ça, ça ne vous choque pas ?». Face à elle, Manuel Bompard rétablit la vérité sur ces trois fausses informations. Zohran Mamdani n’a jamais utilisé l’expression “mondialiser l’intifada”. Il a condamné le 7 octobre clairement. Par contre je vais rajouter une précision importante : d’après l’encyclopédie Universalis, le mot Intifada est un mot arabe désignant la lutte sans armes à feu menée par les jeunes Palestiniens contre l’occupation israélienne. C’est quand même incroyable cette propension des éditorialistes français à dévoyer un mot pour lui ajouter une signification antisémite. Ceux qui nous chantent le refrain du “droit d’Israël à se défendre” alors que ce pays viole le Droit International et les droits humains depuis 1948 sont les mêmes qui refusent aux Palestiniens le droit de se défendre même dans une lutte sans arme : l’intifada. 

Après avoir rétabli les faits, Manuel Bompard demande à Alix Bouilhaguet de donner des informations exactes et non des approximations. L’éditorialiste enchaîne : « Alors une information exacte : il [Zohran Mamdani] lève des fonds pour l’UNRWA, une agence onusienne qui est accusée de collusion avec le Hamas.» Pour rappel, cette accusation provenait de l’État d’Israël qui n’a jamais fourni aucune preuve. L’enquête indépendante, dont les résultats furent connus en avril 2024, avait conclu qu’aucun élément ne permettait de lier l’UNRWA aux crimes du 7 octobre et qu’il n’y avait aucune preuve de lien avec le Hamas. Cette séquence “avalanche de désinformation” devient une sale habitude chez France info qui a donc décidé depuis des mois de radicaliser son discours à l’extrême-droite, devenant une pâle copie de Cnews. En tant que contribuables, nous sommes en droit d’attendre du service public qu’il nous délivre des informations sourcées et vérifiées. Et il est de bon ton de rappeler quelques lois pour dissuader les chaînes d’informations de répandre leur fiel : 

  • Loi n°2018-1202 sur la manipulation de l’information.
  • Loi n° 72-546 sur l’incitation à la haine en raison de l’appartenance ethnique ou religieuse.
  • les articles 29 et 23 de la loi du 29 juillet 1881 sur la diffamation publique.

Le 16 novembre, soit une semaine plus tard, après avoir laissé infuser les multiples fake news, Alix Bouilhaguet “s’excuse”. Et les guillemets ici sont de rigueur car sa prise de parole n’est en réalité qu’un ajout du mensonge aux mensonges. Je la cite : “Lors de l’interview, il y a effectivement eu des formules imprécises et parfois inexactes. Si j’ai pu heurter les auditeurs et les téléspectateurs, je m’en excuse mais il n’y a eu de ma part aucune intention partisane, aucune volonté de déformer les faits sur des questions qui sont effectivement extrêmement complexes”. La présentatrice, Alexandra Bensaïd ajoute une invective sous forme de menace : ” Et pour clore cette mise au point, j’ajoute que le harcèlement en ligne est inacceptable, il est aussi puni par la loi”. Interpeler France Info sur un flot de désinformation impliquant potentiellement les viols de trois lois n’est pas du harcèlement, c’est une exigence de rigueur que nous demandons à une chaine se disant “d’informations”. Revenons sur les non-excuses d’Alix Bouilhaguet : il ne s’agissait aucunement de “formules imprécises” mais d’accusations graves visant le nouveau maire de New-York et l’UNRWA. Le “il y a” met une distance entre elle et les propos tenus. Ces mots ne sont pas descendus du ciel comme par magie, ils ont été pensés, ils ont été mis par écrit lors d’un comité de rédaction et ils ont été prononcés par la bouche de la rédactrice en chef. La forme conditionnelle qui suit ” si j’ai pu heurter” n’a rien à faire ici : vous avez heurté une partie de vos téléspectateurs en diffamant et stigmatisant un homme parce qu’il est musulman et dénonce un génocide, vous avez heurté une partie de votre audience en proférant de graves accusations contre l’UNRWA car elle vient en aide aux Palestiniens.  

Novembre 2025 : France info à la rescousse des policiers violents

Le samedi 1er novembre, deux policiers accusés de viol par une femme dans une geôle du tribunal de Bobigny ont été mis en examen et placés en détention provisoire. Leur sentiment d’impunité était si fort qu’ils ont non seulement violé cette femme dans l’enceinte même du tribunal mais que l’un d’entre eux a aussi filmé une partie de l’agression avec son téléphone. Mais il serait naïf de croire que ce viol filmé d’une femme par deux policiers est un acte isolé de deux “brebis galeuses”. Au mois de juin 2025, le magazine Disclose et L’Oeil du 20 heures (France 2), publiait une enquête révélant les témoignages de 57 femmes qui avaient été victimes de violences sexuelles commises par les fonctionnaires chargés de recueillir leurs plaintes. Un scandale ignoré par le ministère de l’intérieur pour évidemment protéger le bras armé de l’État. En ce mois de novembre 2025 étaient aussi révélées par Mediapart et Libération, 84 heures d’enregistrement vidéo des caméras portées par les gendarmes en mission à Sainte Soline. 84 heures révélant l’intention des gendarmes de tuer ou mutiler des manifestants, leurs paroles trahissant leur violence. Ces enregistrements prouvent que Gérald Darmanin avait menti lorsqu’il déclarait : « Je pense, quant à moi, que ce ne sont évidemment pas les forces de l’ordre, qui n’ont eu recours à la violence que d’une manière légitime et proportionnée ». En voici un échantillon : 

  • « Il y a un mec de Aurillac il lui a mis une cartouche de LBD en pleine tête. Il l’a shooté pleine tête a 10 mètres. Le mec il était sec. »
  • «C’est un trou de terre, il y aura eu des morts juste pour un trou de terre. Après tant que c’est des morts de chez eux ».
  • « En tendu. En tendu. Baisse ton canon, putain ! » « Devant, tendu, vous balancez en tendu ! »
  • « Je compte plus les mecs qu’on éborgne, un vrai kiff »
  • « T’en crèves deux trois, ça calme »
  • « Tiens, dans ta gueule fils de pute »
  • « il faudrait « les tuer »

Rappeler ces faits nous permet de remettre du contexte dans le sketch de Pierre Emmanuel Barré sur Radio Nova le dimanche 9 novembre. Sketch où l’humoriste qualifie les forces de l’ordre françaises de “violeurs” et de “meurtriers” suite aux nombreuses actualités révélées depuis le début du mois. Voici la citation complète : “Des viols, des mutilations, des meurtres, et des types qui se filment en train de faire tout ça en rigolant… En fait, la police et la gendarmerie, c’est Daech avec la sécurité de l’emploi“. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a saisi la justice suite à ces propos qu’il juge “inqualifiables”. Pour rappel, concernant les violences policières où des menaces de mort ont été prononcées par les forces de l’ordre, les mots et les actes du notre ministre n’ont pas été aussi forts :  il avait déclaré qu’ il n’était “pas content”. Le samedi 15 novembre, France Info décide de traiter cette actualité. Paul Melun, essayiste et chroniqueur régulier sur la chaine, déclare : “ce n’est pas une chronique humoristique, c’est une chronique politique […] Le problème c’est que ce discours trouve un écho dans une partie de la société et met une cible dans le dos des personnes visées”. Premièrement, il semble découvrir que l’humour est politique. Deuxièmement, il prétend qu’une chronique humoristique met une cible dans le dos des forces de l’ordre, ces mêmes policiers et gendarmes violents qui, eux, ont réellement ciblé des manifestants avec des armes létales. Paul Melun est donc davantage ému par les mots d’un humoriste que par les viols, les mutilations et tentatives de meurtres bien réelles commises par les forces de l’ordre de notre pays.

Décembre 2025 : France info et la criminalisation de LFI et Jean-Luc Mélenchon

Le 6 décembre 2025 fût une journée chargée sur France info. Le mot d’ordre : criminaliser la France insoumise et plus particulièrement Jean-Luc Mélenchon. Ce jour-là, ce dernier était entendu dans la commission d’enquête qui portait sur des liens supposés entre mouvements politiques et réseaux islamistes. Une commission à l’initiative de Laurent Wauquiez, qui dans un premier temps n’avait ciblé que la France insoumise et avait donc été refusée par la commission des lois. Le nom fût changé pour y intégrer tous les groupes politiques et elle débuta en novembre 2025. Avant même que le leader de la France insoumise ne soit auditionné ce 6 décembre, des responsables de services de renseignement avaient déjà témoigné lors de cette commission, je cite : « il n’a pas été mis en évidence à notre connaissance, dans la doctrine de la mouvance française, de documents visant l’islamisation à court ou moyen terme ».

Ces responsables du renseignement sont les auteurs du rapport sur l’entrisme des Frères musulmans : Monsieur Courtade, préfet de l’Aube depuis 2024, précédemment en poste auprès du préfet des Yvelines en tant que préfet délégué chargé de l’égalité des chances. Ainsi que Monsieur Gouyette, diplomate et précédemment ambassadeur aux Émirats arabes unis, en Libye, en Tunisie, en Arabie saoudite et en Algérie. Bien sûr, les jours précédents, aucun média, dont France info, n’avait insisté sur les interventions de ces responsables du renseignement dont les conclusions n’allaient pas dans le sens des affabulateurs à l’initiative de cette commission “mascarade”. Les chaines d’information avaient préféré inviter “l’autrice” des “Nouveaux antisémites”, Nora Bussigny, elle aussi entendue lors de cette commission d’enquête – quelle est sa légitimité ? – on rappelle qu’elle s’était affublée d’une perruque rose pour “infiltrer les wokes”.

Soulignons un point de la plus haute importance : il est tout de même étonnant que cette commission d’enquête portant sur les liens entre politiques et réseaux islamistes ne se soit pas intéressée à certains membres du RN (ex FN) et que les médias aient passé sous silence les affaires suivantes les affaires “Herman” et “Veillard” qui me semblent être pile dans la problématique qui nous intéresse :

– Affaire Claude Herman : ancien du service d’ordre du Rassemblement national (ex-Front national). Il a fourni des armes à Amedy Coulibaly qui a tué cinq personnes lors de l’attentat antisémite de l’Hyper Cacher en 2015. Herman a été condamné à sept ans de prison. 

– Affaire Jean-Claude Veillard : ancien candidat du RN au municipal de Paris mis en examen par le parquet antiterroriste pour avoir participé à financer Daesh et Al-Qaïda à hauteur de 13 millions d’euros. Il a supervisé la collaboration de Lafarge avec des groupuscules terroristes en Syrie. 

France info, 6 décembre. Dans un interview, Erwan Seznec, rédacteur en chef adjoint au Point, déclare : “C’est-à-dire que LFI […] ne recule devant aucune outrance pour cultiver l’électorat arabo-musulman.” Reprenons son expression : “cultiver l’électorat arabo-musulman” : une essentialisation d’une population vue comme une masse informe, sans individualité et dans laquelle aucun n’est vu comme un électeur FRANÇAIS qui aurait droit à une représentation politique. Imaginez un seul instant le scandale – à juste titre – si un journaliste parlait de “cultiver l’électorat juif” dès lors qu’un parti évoque la lutte contre l’antisémitisme : ce serait choquant et antisémite. Car lorsqu’Erwan Seznec, dans un discours criminalisant LFI, évoque les “outrances” de ce parti : de quoi parle t-il exactement ? Du fait que LFI combatte l’islamophobie, le racisme ? Ou que ce parti apporte son soutien aux Palestiniens en dénonçant le génocide en cours ? 

Le même jour, juste après la commission d’enquête, Antoine Léaument exprima en direct sa colère saine quant à la séquence qui avait précédé son interview. D’une part sur l’expression “électorat arabo-musulman” et d’autre part sur l’évocation par France info de l’interview mensongère de Prisca Thevenot sur BFM prétendant que Jean-Luc Mélenchon n’a pas clairement répondu aux questions allant même jusqu’à inventer une phrase que le leader de la France insoumise n’a jamais prononcée. Suite à cela, Antoine Léaument invite les téléspectateurs de France info à aller voir les 1h45 d’audition de Jean-Luc Mélenchon sur Youtube afin que chacun se fasse sa propre opinion. Le député demande simplement à ce que les Français s’attachent aux faits et ne se laissent pas influencer par les interprétations et les mensonges étalés sur les chaînes d’information. C’est à ce moment précis que sur le plateau de France info, on entend quelqu’un le traiter de “trumpiste”. Quelle étonnante insulte quand on sait que la particularité du trumpisme est précisément de rejeter tout élément factuel en adoptant un discours se basant sur la post-vérité, le dévoiement du langage, la criminalisation des musulmans, des migrants et de la gauche…  tout comme France Info dans les multiples séquences évoquées dans cet article. 

Décembre 20025 et Janvier 2026 : France info à la rescousse de l’extrême droite

   Le 3 décembre, Alexis Corbières était invité sur le plateau de France info face à Nathalie Saint-Cricq.  L’occasion pour la Directrice des rédactions nationales de France Télévision de tenir des propos xénophobes et islamophobes. Retranscrivons une partie du dialogue ici : 

Alexis Corbière : « L’antisémitisme est une chose sérieuse, il existe dans le pays .. »

  1. Saint-Cricq : « Et la quête du vote musulman aussi » 
  2. Corbière : « Alors là, je vous reproche… Pourquoi faites‑vous ce lien ? Pensez-vous qu’il y a des gens qui sont antisémites pour aller chercher le vote musulman ?»
  3. Saint-Cricq : « Ah oui ! »
  4. Corbière : « moi je trouve ça intolérable »
  5. Saint-Cricq : « Intolérable ? ce n’est pas intolérable, il y a eu des études … »

         Madame Saint Criq affirme que certains politiques sont antisémites pour aller chercher le vote des musulmans. Ce qui sous-entend, selon elle, que tous les musulmans sont antisémites. Elle tient les mêmes propos stigmatisants qu’Éric Zemmour à l’encontre des personnages de confession musulmane : rappelons que, lui, a était condamné pour ses multiples incitations à la haine raciale et/ou religieuse. La stigmatisation et la criminalisation d’une communauté religieuse n’est pas un fait nouveau : ces mêmes methodes étaient utilisées contre les personnes juives dans les années 30. Les islamophobes d’aujourd’hui s’inspirent donc des techniques de propagande des antisémites d’hier. Bien sûr, l’Arcom reste timide quant aux multiples outrances de la chaîne. C’est à se demander s’il n’y aurait pas une forme d’adhésion à cette propagande d’extrême-droite déversée en continu sur le service public. Quelques jours plus tard, Saint Cricq ne fera pas d’excuse et se justifiera en disant qu’elle n’insinuait pas que les musulmans étaient antisémites mais que certains élus le croyaient et tenaient donc un discours antisémite pour appâter ces électeurs. Et pourtant son “Ah oui” résonne encore sur le plateau et dans nos foyers. 

   Intéressons plus en détail au cas “Saint-Cricq”. L’un de mes contacts a ecrit une lettre au Mediateur de France Télévision demandant une clarification urgente quant au statut et aux interventions de Mme Nathalie Saint-Cricq à l’antenne. En effet : « la récente nomination de Mme Saint-Cricq à la direction de la rédaction nationale de l’information place celle-ci au cœur de la définition et de la mise en œuvre de la ligne éditoriale de la chaîne. Dans le même temps, elle continue d’apparaître comme “éditorialiste politique” lors de différentes émissions, où ses prises de position sont présentées comme des analyses de référence. Cette accumulation de fonctions brouille la frontière entre information, commentaire et pilotage éditorial. Pour un groupe audiovisuel public financé par l’argent de tous, cette confusion des rôles n’est pas acceptable. Elle alimente les soupçons de parti pris, fragilise la confiance des téléspectateurs et donne l’impression que la diversité des points de vue est subordonnée à la parole d’une seule figure centrale. Le pluralisme, principe fondamental du service public, ne peut être garanti si l’on ne sait plus très clairement quand une responsable de l’information parle en tant que dirigeante, en tant que commentatrice ou en tant que simple invitée.» Voici la lettre dans son intégralité : 

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   Le 11 décembre, Sarah Knafo était invitée sur le plateau de France info. Nathalie Saint-Cricq, à la fois Directrice des rédactions nationales et éditorialiste politique – l’accueille chaleureusement entre léchage de bottes et tutoiement. La femme politique –issue d’un parti d’extrême-droite révisionniste – est à son aise et semble visiblement ravie de son passage sur la télévision publique. Elle est tellement détendue qu’elle déclare : “C’est pas pour vous flatter, mais vous êtes de bonnes journalistes. Si jamais c’était le privé qui reprenait ce groupe, vous seriez sans doute gardées, l’une comme l’autre. Je ne pense pas que vous seriez virées. Un homme du privé qui viendrait racheter France info serait stupide de vous renvoyer si l’émission marche”. Quand on en est admirée et complimentée par une femme politique dont les fonds de commerce sont le racisme, la xénophobie, l’islamophobie, la théorie complotiste du “grand remplacement” et le révisionnisme historique sur l’extermination des juifs : c’est peut-être le moment de se remettre en question.

   Le 13 janvier 2026 débutait le procès en appel de plusieurs cadres du RN soupçonnés d’avoir fait financer des emplois du parti avec des fonds du Parlement européen. Des condamnations avaient été prononcées en première instance (mars 2025) : le Rassemblement national avait écopé d’une amende de 2 millions d’euros, dont 1 million déjà saisi. Plusieurs anciens députés européens et assistants ont été condamnés à des peines de prison avec ou sans sursis, assorties pour certains d’inéligibilité et de peines complémentaires, pour leur participation au système litigieux. Le 18 janvier, Paul Melun plaide la cause de Marine Le Pen sur France info, il déclare : “Empêcher Marine Le Pen de se présenter, ce serait un choc démocratique majeur : ce n’est pas aux magistrats de décider de qui peut concourir à l’élection présidentielle”. Déjà il faudrait commencer par expliquer à Monsieur Melun que ce ne sont pas les magistrats qui “décident”. Les magistrats “sont chargés d’appliquer la loi en rendant des décisions de justice conformes au droit en toute impartialité”. Les juges se sont appuyés sur la loi du 23 juillet 1992. Question : quelle est la légitimité de Paul Melun en matière d’application du Droit ?

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Février – Mars 2026 : France info et l’acharnement sur LFI, l’antifascisme, les défenseurs du Droit international et cirage de pompe de l’extrême droite

    Au mois de février, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot avec la complicité de Caroline Yadan – et d’un montage vidéo frauduleux – ont diffamé Francesca Albanese en lui prêtant plusieurs propos qu’elle n’a jamais tenus, l’accusant d’antisémitisme et ont donc demandé sa démission. En s’obstinant à harceler et calomnier les personnes demandant l’application du droit international, Barrot et Yadan s’inscrivent dans une stratégie de déstabilisation et de criminalisation de tous les opposants du gouvernement israélien. Gouvernement à qui la France a vendu du matériel militaire pendant le génocide et apporté un soutien inconditionnel par les bouches de Yadan, Braun-Pivet, Barrot ou Macron. Sans surprise France Info s’est joint à la meute qui calomnient Francesca Albanese. Non contents de lui attribuer des propos qu’elle n’a jamais tenu, le “Cnews du service public”, le 12 février invite Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France qui se lance dans une diatribe misogyne, validiste et mensongère, il déclare : ” Soit elle a un niveau intellectuel qui n’est pas suffisant pour être rapporteure, ou bien, elle ment”. Ce monsieur s’était déjà fait remarquer pour son opposition à la reconnaissance d’un État palestinien, pour ces propos négationnistes sur le génocide et colonisation. 

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   Le 14 février 2026 un néofasciste du nom de Quentin Deranque, proche de groupuscules d’extrême-droite antisémites, est mort à la suite d’une rixe. Ils ont fait une minute de silence à l’assemblée nationale. La présidente de l’Assemblée “n’a pas vu” l’antisémitisme des groupuscules néonazis côtés desquels Quentin Deranque militait. Le ministre de l’intérieur a autorisé une marche néonazie à Lyon pour lui rendre hommage. Des participants tatoués avec des croix gammées, des saluts nazis çà et là, des slogans racistes entendus, le tout sous l’œil des caméras. Les médias n’ont pas dit que c’était antisémite. Ils ont prétendu que “ça c’était bien passé” comme Brigitte Boucher sur France info. En instrumentalisant la mort d’un jeune identitaire, en lui rendant hommage à l’Assemblée nationale, en autorisant une marche néofasciste, médias et politiques ont permis à l’extrême-droite de légitimer tous ses actes de violence passés et présents. 90 % des meurtres à caractère idéologique sont le fait de l’extrême droite et la majorité de leurs victimes n’ont pas eu droit à une minute de silence. 

L’ensemble des médias de masse, dont France info, a tenu LFI pour responsables de la mort du jeune néonazi. Ils ont mis des cibles dans le dos des membres de ce parti politique et de toutes les personnes de gauche antiracistes. Ainsi le 18 février France info publiait sur ses réseaux sociaux un article intitulée : “Mort de Quentin Deranque : deux nouvelles personnes interpellées dans le cadre de l’enquête, soit 11 au total”, article illustré par une photo de… Mathilde Panot à l’Assemblée nationale. La députée LFI fait partie des deux nouvelles personnes interpellées ? Non. Elle a participé à la rixe ? Non. Une photo qui n’a donc strictement rien à voir avec l’information délivrée. Une manipulation grossière qui s’ajoute à l’acharnement en meute contre la France insoumise. Un acharnement politique et médiatique qui avait déjà eu des conséquences puisque la veille le mardi 17 février à Toulouse, des clients d’un bar avaient été agressés par un groupe d’extrême droite nationaliste qui “rendait hommage à Quentin”. Trois blessés. Et le jour même, le 18 février : le siège de LFI vivait une alerte à la bombe. Ses élus et adhérents étaient menacés de mort. Plusieurs de leurs permanences avaient déjà été vandalisées partout en France.

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Le 21 février 2026, Danièle Obono est reçue sur France info . La journaliste qui lui fait face s’appelle Brigitte Boucher. S’en suit une séquence lunaire où la journaliste enchaînera les propos négationnistes sur le génocide à Gaza, prétendant qu’on “ne peut pas parler de génocide”, que “la majorité de la communauté internationale ne reconnaît pas le génocide”. Brigitte Boucher sera incapable de dire sur quelle autorité elle s’appuie pour affirmer ses dires et tentera de dévier la conversation en instrumentalisant l’holocauste. Qui parle de génocide en Palestine ? Amnesty International  , Human Rights Watch , B’Tselem בצלם , la Commission d’enquête de l’ONU, l’Association internationale des chercheurs sur le génocide, l’Institut Lemkin pour la prévention du génocide, Omer Bartov, historien contemporain, spécialiste dans l’étude de la Shoah, Médecins Sans Frontières / MSF , Oxfam … 

Le dimanche 15 mars, Nathalie Saint-Cricq se croyant hors antenne (bis repetita) surnomme Ciotti “Benito” : France info la sanctionne en la suspendant une semaine… sur France info on ne touche pas à l’extrême-droite ! On la câline, on la cajole. Quand Nathalie Saint Criq affirme que les politiques de LFI sont antisémites pour “aller chercher le vote des musulmans” et qu’elle sous-entend donc que les musulmans sont antisémites, pour Franceinfo la stigmatisation et la criminalisation d’une communauté religieuse : ça passe, pas de sanction pour la xénophobie et l’islamophobie. En mars 2024, Nathalie Saint-Cricq, dans l’émission « Questions politiques » ira jusqu’à calomnier les étudiants de Science po mobilisés pour la Palestine. Elle les accuse d’antisémitisme et de violences sur une élève de confession juive. Une fois la fake news débunkée, Saint Cricq et la chaine ne feront pas d’excuse.  En octobre 2025, N. Saint-Cricq, se croyant hors antenne plaisante sur l’antisémitisme avec Gilles Bornstein. Elle lui dit : « t’es antisémite ! », il lui repond «Bah oui, moi je peux ! ». Aucune sanction de France info, silence radio. 

Mars – Avril 2026 : France info à la rescousse des criminels de guerre de l’alliance israélo-étasunienne.

Le 28 février, l’alliance israélo-étasunienne a bombardé l’Iran en violation totale du Droit international. Ils ont visé une école de fillettes et tué 165 d’entre elles. Dans les 72h qui ont suivi, les chaines “d’information” françaises ont consacré 4 minutes à ce crime de guerre. 4 minutes. Les bombes “démocratisantes” ont continué de pleuvoir sur l’Iran. Les chaines d’information nous chantaient le refrain des “peuples libérés de la tyrannie” et fustigeaient les ingrats qui dénoncaient ces crimes de guerre. Alors que le 10 mars, il pleuvait du pétrole sur Téhéran – quatre dépôts de pétrole et un site logistique de produits pétroliers avaient été bombardés par l’alliance israélo-étasunienne – trois jours plus tard Nathan Devers sur France info nous faisait sa moraline : “on ne peut pas soutenir l’Ukraine contre la Russie si on ne soutient pas Israël contre l’Iran.” Si cher Monsieur Devers, nous, les défenseurs du Droit international, nous soutenons tous les peuples victimes de crimes de guerre : Ukrainiens, Iraniens, Libanais, Palestiniens, Vénézuéliens…

Le 17 mars, dans un reportage sur la démission de Joe Kent, directeur du Centre national de l’antiterrorisme aux USA , France info a volontairement coupé des citations de son communiqué. Le tout dans l’unique but de ne pas restituer la phrase suivante mot pour mot : “Nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain.” Ce qui devient dans la bouche de France info : “il [Joe Kent] affirme que Donald Trump s’est laissé entraîner dans cette guerre par les Israéliens”. Joe Kent parle de pression et d’ingérence d’un État étranger, et non de “se laisser entraîner”. Euphémiser son propos est une manipulation grossière pour décriminaliser les gouvernements américain et israélien.

         Le 7 avril France info publiait un article sur les réseaux sociaux dont la phrase d’accroche était : « Donald Trump multiplie les ultimatums envers l’Iran. À force de menaces sans effets concrets, sa crédibilité internationale risque de s’éroder sous le regard attentif de ses alliés comme de ses rivaux. ». Mais heureusement qu’il n’y a pas d’effets concrets à toutes les menaces de Donald Trump qui ne sont rien d’autres que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Quant à la crédibilité de ce fasciste, elle a quelque peu été remise en question lorsqu’il a déclaré : « les migrants haïtiens mangent des chats et des chiens », lorsqu’il a confondu l’Irlande et le Groenland, la Suède et la Suisse, lorsqu’il a déclaré à Davos que « les États-Unis avaient rendus le Groenland au Danemark », lorsqu’il a diffusé une vidéo du couple Obama caricaturé en singes, lorsqu’il a violé le Droit international au Venazuela, en Iran, à Cuba…

         Le 6 avril, Trump annonce vouloir exterminer la civilisation iranienne. Le 7 avril le président américain annonçait un cessez-le-feu avec Téhéran, entre autres pour la réouverture du détroit d’Ormuz. « Israël a dit soutenir l’accord, mais affirmé que ses opérations au Liban n’étaient pas concernées ». Le 8 avril, des frappes simultanées d’Israël sur des zones résidentielles de Beyrouth, sans avertissement, ont fait 182 morts et 890 blessés. Et quoi de mieux pour parler de cet énième crime de guerre du gouvernement israélien et de son armée que d’inviter à nouveau Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France. Le diplomate, qui ne reconnait ni le génocide, ni la colonisation et diffame la rapporteure des droits pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese. « L’ambassadeur d’Israël en France assure que le cessez-le-feu “n’inclut pas le Liban”, mais “seulement l’Iran” ». Il assure « Ce ne sont pas des bombardements de civils ». Avant de préciser : « Il est possible que des civils aient été touchés dans ces bombardements, qui ciblaient directement le Hezbollah. Tout ce qui a été ciblé était lié au Hezbollah : des haut-gradés, des soldats, des membres et des infrastructures ». Des propos qui viennent en contradiction les déclarations des Nations Unies qui « ont fermement condamné les frappes aériennes menées mercredi par l’armée israélienne à travers le Liban, qui ont provoqué d’importantes pertes humaines et des destructions considérables. Le Secrétaire général « condamne sans équivoque les frappes massives menées par Israël à travers le Liban le 8 avril, qui ont fait des centaines de morts et de blessés parmi les civils, y compris des enfants, et causé des dégâts aux infrastructures civiles ».

         Nous sommes le 14 avril 2026, France info achève ainsi son processus de mutation en un organe de propagande d’extrême-droite. Et ce n’est pas moi qui le dit c’est une présentatrice de France Info, Claire-Elisabeth Beaufort, le 12 avril 2026 : « Vous restez sur Cnews, merci Paul, merci Nathan… ».  Pas un lapsus mais l’aveu que France info a terminé sa mue. Il est étonnant que Cnews n’ait pas encore dénoncé ce flagrant délit de plagiat éditorial. De notre côté, il est essentiel de répertorier toutes leurs apologies de crimes contre l’humanité, tous leurs mensonges, leur désinformation et leurs tentatives de déshumanisation des peuples et d’une communauté religieuse : pour un devoir de mémoire quand, dans un futur proche, la direction de France info fera mine d’avoir oublié ses heures sombres.